‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 202 sur 277 · CHAGRIN DE MADAME DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

CHAGRIN DE MADAME DE POMPADOUR

dire, monseigneur? écrivait-elle au prince; je suis désespérée de la nécessité où vous êtes de repasser le Weser, et plus encore du nombre prodigieux de malades que vous serez obligé d'abandonner. 11 me semble que les gardes-lorraines ont fait des merveilles; quel dommage que d'aussi braves gens aient péri !... Il m'est impossible de vous peindre l'excès de désespoir et de méfiance de la cour de Vienne, en apprenant notre retraite ; elle se croit abandonnée ou trahie ; elle se voit déjà perdue, le roi de Prusse dans sa capitale ; enfin c'est une consternation qui n'est que trop bien fondée pour ce qui la regarde. Si l'Ost-Frise ne peut être repris, son affliction augmentera, s'il est possible, et nous perdrons d'autres alliés qui nous auroient été fort utiles (1). »

« Le maréchal, disait encore madame de Pompadour, a envoyé ordre à tous les officiers généraux et colonels départir; il étoit bien indécent qu'ils fussent ici. » Le maréchal, c'était M. de Belle-Isle, qui, depuis le 26 février, avait pris la direction du ministère de la guerre. Ébranlé par la disgrâce du maréchal de Richelieu, le marquis de Paulmy n'avait pas tardé à sentir que la faveur de madame de Pompadour s'était retirée de lui; sa santé n'était point forte; ce fut un prétexte honnête pour lui d'offrir, et pour le roi d'accepter sa démission.

La retraite du marquis de Paulmy est une date im-

(1) 3 cti mars. Pap. Clormont, 1758, t. I, n-'s 113-115.

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