‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 207 sur 277 · MÉCOMPTE ET EMBARRAS · texte numérisé non relu

MÉCOMPTE ET EMBARRAS

réponse de son confident la mit cruellement à l'épreuve. « La retraite de M. de Paulmy étoit résolue, disait Duverney, et, étant instruit d'ailleurs de toutes les démarches qui se faisoient pour lui donner un successeur, j'ai été à Versailles où, sans prétendre influer sur aucun choix, je me suis borné à déclarer que si on en faisoit un, soit dans le militaire, soit dans la robe, qui me mît dans le cas d'avoir affaire à un homme neuf, il ne me seroit pas possible de m'exposer à un nouvel apprentissage. M. le maréchal de Belle-Isle a été désigné; on a parlé de vous pour partager les détails, et on vous a donné tantôt un titre, tantôt un autre. Je n'ai rien eu à dire. Depuis ce temps-là, M. le maréchal qui ne devoit être que secrétaire d'État par commission le sera en titre, de sorte que j'ignore absolument le rôle que l'on vous réserve. Vous en jugerez vous-même quand vous serez ici, car sans doute on s'expliquera nettement avec vous, ce qu'on n'a pas encore fait avec moi (1). » Il était impossible d'être plus rudement précipité du ciel sur la terre. Quel rêve et quel réveil !

(1) 13 mars. Correspondance Dnverncy-Crémillo, n° 100. — Dans une lettre précédente du 6 mars, Pâris-Duverncy entretenait Créniillc, comme un homme qui allait avoir une grande influence sur l'administration de la guerre, d'une affaire que le lecteur sera peut-être bien aise de connaître par ce passage que nous citons : « Depuis un an, on a commencé un clablisscment à Vinccnnes pour les nouvelles armes qui vous sont connues; mais des entraves, telles que vous les connoissez dans ce pays-ci, en ont suspendu l'exéculion. Il y a six semaines (juc je me suis mis <à la suite de cette importante affaire. M. le marquis de Paulmy n'a jamais voulu me donner des ordres pour faire travailler nos manufactures, et il a voulu que l'on se servît de celle de Liège. Sur mes représentations, M. le maréchal de Bclle-Isle a i)ris un parti tout opposé, et il a envoyé des ordres à Itfaubenge, à Charleville et à Saint-Élienno, pour y faire travailler de préférence à tout. On a mis des ouvriers aux

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