‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 208 sur 277 · DE M. DE CRÉMII.LE · texte numérisé non relu

DE M. DE CRÉMII.LE

Après avoir eu toiiles les peines du monde h se tirer des mains du comte de Clermont qui ne voulait pas le laisser partir, Crémille ne trouva pas encore le problbme résolu à Versailles. Ce n'était pas le maréchal de Belle-Isle qui faisait des difficultés ; c'étaient les autres secrétaires d'État dont le formalisme ne voulait pas permettre que le. ministre de la cfuerrc fit un partage de ses attributions. Enfin la question ne fut réglée que bâtiments de Vincenncs pour aui^mcnter les ateliers. J'ai encore des contradicteurs connus et inconnus; cepondant je me flatte que j'en viendrai à liout, et qu'à compter au plus tard du 1'"' du mois de mai, on fora par mois trois mille armes et plus. I^'on dit que j'interromps la fal)ricalion des armes; je réponds que les cngap:ements qui ont été pris par les manufactures doivent ôlrc tinis au 1'"' d'avril pour servir pendant la campagne. Je dis encore que ces armes ne feroicnt pas des soldats, et qu'au contraire celles de nouvelle invention, entre les mains d'un soldat de recrue, seront aussi utiles que dans celles d'un vieux soldat. Enfin jespèrc que l'on ne changera rien aux dispositions laites, et dès qu'il y en aura cin<i cents de prêles, je les ferai partir, pour commencer à en donner aux grenadiers des corps. La difticulté est la fabrication des baïonnettes. M. le marquis de Paidmy ne vouloit pas en faire faire ailleurs que dans notre manufacture d'\lsace; l'entrepreneur n'a pu s'engager que pour dix-huit cents, d'ici <à la fin du mois de mai. J'ai pris sur moi d'envoyer en poste un homme à Solingen avec des ordres pour M. de Schaesberg, pour y faire travailler de préférence. Reste à savoir si les ouvriers voudront les entreprendre, parce qu'elles sont assez difficiles à faire; le pis aller sera de se servir de celles que l'on a actuellement, en altendanl que l'on en puisse avoir les (piantités nécessaires. J'ai eu une autre dif'licullé à surmonter et (pii étoit sûrement la plus grande : ce sont les fonds pour cette dépense qui sera considérable; mon frère s'est joint à moi, nous avons parlé fortement à M. de BouUongno (le contrôleur général), et j'espère que l'affaire ne sera point arrêtée par le défaut de fonds. Je souhaite seulement que vous soyez de mon avis ; vous me ferez plaisir d'en parler au prince. Enfin, il est en moi de croire que rien n'est capable de ranimer les soldats ni de faire des impressions sur nos ennemis comme cette nouvelle arme. » — Corresiiondance Duverney-Crémiile, n" lOi.

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