‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 209 sur 277 · M. DE CRÉMILLE ADJOINT AU MINISTRE · texte numérisé non relu

M. DE CRÉMILLE ADJOINT AU MINISTRE

le 9 avril, et voici ce que Crémille en mandait à Pàris- Duverney : « Mon affaire finit ce matin, monsieur, de la façon dont j'ai prévu depuis longtemps qu'elle finiroit et dont, je crois, vous l'aviez prévu vous-même. Je n'avois pas besoin, je vous assure, de cette épreuve-ci pour savoir combien le champ de bataille de la cour m'est désavantageux ; aussi y prévois-je une défaite et une ruine très prochaines(i). » C'était un reste de philosophie oratoire ; avec le comte de Clermont, Crémille s'expliquait plus clairement, par les mêmes faits : « Mon état auprès de M. le maréchal de Belle-Isle est enfin constaté^ écrivait-il au prince; j'ai, monseigneur, une commission du roi pour concourir sous ses ordres à la plus prompte expédition de tout ce qui tient à l'administration de la guerre, avec le pouvoir du roi de faire toutes les signatures que M. le maréchal ne jugera pas à propos de faire lui-même, à l'exception de celles qui par leur nature doivent être portées devant les Cours. J'explique peut-être fort mal tout cela, monseigneur, mais j'espère que V. A. S. voudra bien excuser un militaire qui n'entend pas grand'chose aux formes d'une semblable administration (2). » En un mot, il était adjoint au ministre avec la signature administrative (3),

(1) IbicL, n° 128.

(-2) 10 avril 1758. Pap. Clermont, 1758, t. II, no 170.

(3) « 31. de Crémille aura 30,000 livres qui lui seront payc^cs par M. le maréchal de Bclle-Isie sur la charge de secrétaire d"État, qui vaut 150,000 livres, et dont M. le maréchal est obligé de payer 23,000 livres pour la rente du brevet de retenue. Outre cela, M. le maréchal de Bellc-Islc a remis au roi les appointements de commandant des côlcs de l'Océan, qui étoient de plus de 80,000 livres; ainsi la solde de secrétaire d'État n'augmentera pas beaucoup ses revenus. » Mémoires du duc de Luynes, t. XYI, p. 397.

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