‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 210 sur 277 · LE COMTE DE MORTAIGNE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE MORTAIGNE

En rappelant auprès de lui M. de Crémille, le maréchal de Belle-Isle n'avait pas voulu laisser le comte de Clermont sans conseil, « Le maréchal, écrivait au prince madame de Pompadour, vous envoie un M. Mortagne qu'il croit ferme et bon militaire (1). » Ce M. Mortagne n'était donc point un courtisan, puisqu'il n'était pas connu delà marquise. Il s'appelait Mortani, comte de Mortaigne, d'une famille dont les preuves, suivant lui, remontaient à l'an 1014, mais qui, depuis les temps héroïques du moyen âge, avait vécu obscurément en Allemagne, au grand désespoir de son dernier rejeton qu'exaspérait l'idée d'être pris, par des gens dont la naissance, toujours d'après lui, ne valait pas la sienne, pour un homme de fortune (2). Du service de l'Empereur, où il avait été capitaine de cuirassiers, son père était passé au service de France, en 1692, avait fait les dernières guerres de Louis XIV, et s'était retiré en 1720, avec le grade de lieutenant général. Le fils, volontaire dans Royal-Allemand cavalerie, avait fait ses premières armes en 1706 ; en 1728, il était major du même régiment. Brigadier en 1741, il s'attacha au maréchal de Belle-Isle, passa l'année suivante, avec l'autorisation du roi, au service de l'empereur Charles VII qui le fît maréchal de camp, et, après la mort de ce prince rentra dans l'armée française où il obtint, en 1743, le

(1) 4 mars. Pap. Clermont, 1758, 1. 1, n" 115.

(2) Il y a de lui, sur ce sujet, toute une lettre au maréchal de BclIe-Isle, du 24 janvier 1744 [3075, n° 26i].

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