‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 21 sur 277 · DOULEUR DE MADAME DE BELLE-ISI.E · texte numérisé non relu

DOULEUR DE MADAME DE BELLE-ISI.E

point (iiiitté madame la maréchale de tout le jour, écrivait à M. de Belle-Isle un de ses plus intimes amis ; j'ai mêlé mes pleurs aux siennes et j'ai l'âme déchirée. Ma seule ressource a été de lui faire sentir combien sa conservation devenoit précieuse aux restes de sa famille ; elle m'en paroît persuadée et m'a bien promis qu'elle prendroit soin de la femme de M. le maréchal de Belle-Isle ; c'est l'expression de son sentiment. Elle mérite que vous ayez les mêmes égards et que vous vous conserviez pour elle et pour un fils qui doit maintenant dans vos cœurs être l'objet de toutes vos affections (P.» Deux mois plus tard, un autre ami, un admirateur de madame de Belle-Isle, un homme qui eut certainement pour elle une passion profonde et constamment respectueuse, un étranger illustre, le baron de Bernstorf (2), alors ministre de Danemark en France, écrivait au maréchal : « Je n'ai point de termes pour vous exprimer la situation de son âme ; il n'y en a point de plus digne de respect et de compassion. Rien n'affoiblit son courage, rien ne diminue sa douleur. Sa religion, sa raison la soutiennent supérieurement et il ne lui échappe pas une parole, pas une pensée qui ne convienne à elle et h sa constance. Son désir de se conserver pour vous la rend attentive et docile à tout ce qui peut être avantageux à sa santé et vous épargner de nouvelles peines, mais elle a le cœur percé ; les justes regrets qu'elle donne à sa perte

(1) M. de Thiers à Belle-Isle, Paris, 25 juillet, à deux heures après minuit [32 iO, n" 126].

(2) « M. de Bernstorf disoit d'elle que ce n'étoit pas un corps que le sien, mais une gaze qui couvroit son àmo. » Mrmoires du duc de Lwjnes, t. XIV, p. 73.

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