OÔ RETRAITE SUR WESEL
organisation, sans ressources, ils furent bientôt obligés de se disperser pour vivre, et l'héroïque épisode finit par la maraude.
Ces détails ne furent connus qu'au bout de quelques jours ; toutefois, dès le lo, on savait la catastrophe de Minden au quartier général. Non seulement il n'était plus possible de séjourner davantage à Hamelen, mais tout espoir de s'arrêter en Westphalie, de couvrir les alliés du roi et de garder la Hesse, disparut en même temps. Ni l'Ems ni la Lippe n'étaient plus des obstacles capables d'arrêter l'ennemi; le Rhin seul y pouvait désormais suffire. Le 16, l'armée reprit son mouvement de retraite ; Wesel était le but assigné aux diverses colonnes que la pénurie des fourrages et des vivres forçait de marcher à distance les unes des autres; enfin, le duc de Broglie, qui occupait la Hesse, recevait l'ordre de se retirer sur Hanau, et les garnisons de l'Ost-Frise étaient rappelées en même temps. Le 20 mars, de Paderborn, le comte de Clermont adressait au maréchal de Belle-lsle une douloureuse et accablante dépêche : « J'ai, je vous assure, lui disait-il, bien de l'impatience d'être de l'autre côté du Rhin. Tout ce pays-ci est infecté de soldats qui ont pris les devants, de convalescents, de gens d'équipage, de commis de toute espèce qui commettent des crimes épouvantables. Pas un officier ne fait son devoir ; ils sont les premiers à piller. Il faudroit mettre toute l'armée en escortes et en détachements, et il faudroit encore des escortes pour ces escortes-lcà. On n'arrêteroit pas même par ce moyen le quart de tout ce qui se commet, et l'on abîmeroit entièrement l'armée sans mettre ordre h rien. Je fais pendre, je fais mettre en j)rison. ; mais, comme nous