INDIGNATION DU COMTE DE CLERMONT
marchons par cantonnements et que les officiers particuliers sont les premiers à donner le mauvais exemple, les punitions ne sont ni assez connues ni assez vues. Ce ne sera donc que quand je pourrai tenir l'armée rassemblée, et rassemblée longtemps, qu'il me sera permis de rétablir l'ordre, la discipline, la probité et l'honneur; et je vois avec douleur qu'il sera indispensable de mettre en usage les partis les plus violents et les plus durs (1). »
Quatre jours après, de Lippstadt, il envoyait au maréchal la capitulation de Minden et les détails de ce singulier siège. « Je crois, disait le prince, que vous n'aurez jamais vu de capitulation construite comme celle-ci. 11 semble que ce soient les assiégés qui demandent d'être prisonniers de guerre. Mais, en récompense, vous y trouverez beaucoup d'articles pour l'avantage personnel des officiers et autres qui composoient la garnison, beaucoup d'attention pour les équipages et beaucoup de négligence pour ce qui étoit honorable aux troupes du roi. Ce que je désapprouve on ne sauroit davantage, c'est que les officiers aient souhaité de revenir en France; ils doivent suivre le sort de leurs corps. Mais tout se sent de l'indiscipline, du dégoût pour le service du roi et de l'àpreté pour soi. Vous verrez aussi combien la place a été attaquée mollement et comment elle s'est défendue encore plus mollement. II est vrai que le poste ne valoit rien ; mais au moins donne-t-on quel([ues marques de vigueur, et je n'en vois point... » Cependant il citait avec admiration l'action de Lajeunesse. « J'ai écrit, ajoutait-il, à
(1) Pap. Clermont, l7o8, t. II, n» 87.