LE CAPORAL LAJEUNESSE
Wesel, pour avoir ce caporal et savoir de lui son histoire. Cet homme méritera d'être fait officier et d'avoir quelques petites grâces qui le fassent subsister honnêtement. Vous ne sauriez croire, monsieur le maréchal, quel plaisir me fera cet événement, s'il est précisément comme on me l'a dit. Cela marque que nous avons encore du nerf et qu'il ne s'agira plus que de le rappeler (1). » — « L'action du caporal des grenadiers de Lyonnois, répondit le maréchal de Belle-Isle, a fait un véritable plaisir au roi qui a lu lui-même le détail que Votre Altesse Sérénissime m'en fait dans sa lettre. Il est lacheux que ce soit un simple caporal qui donne ce bon exemple au grand nombre d'officiers qui étoient dans le même lieu (2). » Madame de Pompadour s'y intéressait plus vivement encore : « Si votre avis, écrivaitelle au prince, ne m'autorisoit pas, monseigneur, à trouver la capitulation ridicule, j'aurois cru me tromper en la jugeant telle. Elle ne me paroît faite que pour sauver les équipages et donner la liberté aux officiers. J'espère que vous les avez renvoyés à leurs troupes. Je me suis écriée qu'il falloit faire officier mons de Lajeunesse, et j'ai été bien glorieuse d'avoir pensé comme vous (3). » Mons de Lajeunesse ne fut point retrouvé par malheur ; son corps gisait peut-être dans quelque fossé de la Westphalie.
Le 20 mars, le comte de Clermont avait mandé de Paderborn au maréchal de Belle-Isle : « Monsieur votre fils est arrivé, le 17, à Bielefeld où est son régiment. C'est un de nos bons, et ce n'est pas pour vous gratter
(1) 2-i mars. Pap. Clermont, 1758, t. II, n» 118.
(2) 29 mars. Ibid., n» 121.
(3) Cettclettro n'est point datée, elle doit être du 29 mars. fi. ^n"! 17,