SE>T1MEM DE M. DE GISORS
la patte que je dis cela ; car ce n'est pas ma coutume. » Tandis que le maréchal, encore privé de Crémille, avait le plus besoin d'assistance, le comte de Clermont avait autorisé M. dcGisorsà prolonger auprès de lui son séjour ; et en effet M. de Gisors avait rempli auprès de son père, devenu ministre, les fonctions de secrétaire (1); mais il avait hâte de retourner au milieu de ses soldats. Pour lui, comme pour eux, il était bon ({u'au moment où tant de chefs perdaient leurs troupes par de déplorables exemples, le colonel, les officiers et les soldats de Champagne gagnassent l'honneur de donner le ton et de servir de modèles à l'infanterie française. Il eut la joie de retrouver leurs sentiments à la hauteur des siens, surtout contre «l'infamie » de la capitulation de Minden. « La condition que les officiers ont obtenue de retourner sur leur parole en France révolte tout le monde, écrivait-il à son père, parce qu'il paroît indigne d'abandonner les malheureux soldats prisonniers. On s'attend que vous les renverrez à leur arrivée et qu'il y aura des punitions contre ceux qui ont pu conseiller à leur général un parti de foiblesse aussi déshonorant. M. de Morangiès est personnellement un galant homme que nous chérissons et que nous respectons tous, mais je manquerois h ce que je vous dois si je ne vous représentois la nécessité de punir les actions lâches dans un temps oh il y a si peu de nerf parmi nous, et où il s'est tenu des propos de mollesse que je n'oserois vous répéter (2). »
(1) La lettre par laquelle le maréchal annonçait au prince le rappel de CrcmlUc et le prochain départ de 3Iortaigne, avait été notamment écrite par le comte de Gisors.
(2) 21 mars [3i73, noliO].