‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 219 sur 277 · LES COMMISSAIRES DES GUERRES · texte numérisé non relu

LES COMMISSAIRES DES GUERRES

Les misères morales et les misères physiques s'engendraient mutuellement. Lorsque le régiment de Champagne avait quitté Osnabruck, le commissaire des guerres chargé de l'administration s'était enfui dès la veille, abandonnant l'hùpital à la merci des habitants, de sorte que des gens sans cœur étaient venus voler les couvertures sur le lit même des pauvres malades. (( On ne peut pas servir en général avec plus de négligence que le font la plupart de messieurs les commissaires des guerres, » écrivait M. de Gisors ; et de même le comte de Clermont avec sa verve originale : « Les commissaires des guerres font très mal leur devoir à l'égard des hôpitaux; il est vrai qu'ils ne font guère mieux dans les autres parties. Le nombre des bons est très médiocre ; le nombre des mauvais est immense, parce qu'ils sont mauvais, car en totalité, nous n'en avons peut-être pas assez (1). »

Le régiment de Champagne avait rejoint à Bielefeld une division qui venait de Brunswick sous le commandement de M. de Villemcur. A sa gauche marchait une autre colonne aux ordres du marquis de Voyer, à sa droite, une troisième aux ordres de M. d'Armenlières. Le gros des troupes, ce qu'on appelait la grande armée, suivait de son côté la rive gauche de la Lippe. La division de M. de Villemeur étml arrivée le 21 mars aux environs de Munster, à Wolbeck ; elle y demeura quatre jours en alerte, à cause des hussards ennemis qui ne cessaient de rôder autour d'elle. Le i27, elle était cantonnée sur la rive droite de la Lippe à Werne, à deux

(1) Clonnont à Bcllc-Islc, 31 mars. Pap. ClermonI, Mm, t. II, ir 92.

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