LA SAMÉ DU COMTE DE GISORS
maréchal de Belle-lsle, et si ce mélange, tel qu'il est, subsistoit encore longtemps, le roi n'auroit bientôt plus d'ingénieurs, et notre artillerie, si distinguée dans les dernières guerres, s'affoibliroit aussi considérablement (1). » Trois semaines plus tard, une ordonnance, datée du o mai, restituait à chacun des deux corps son indépendance (2).
D'autres projets de réforme occupaient en même temps la pensée du maréchal (le Belle-lsle ; justement frappé de la sagesse et du bon esprit de son fils, il avait besoin de les discuter avec lui. La santé du comte de Gisors exigeait d'ailleurs des soins entendus. Après dix mois de fatigues incessantes et merveilleusement soutenues, cette dernière reprise de campagne avait triomphé de son énergie. Le fils de la maréchale de Belle-lsle, morte poitrinaire, souffrait de la poitrine. « Je me suis tenu aujourd'hui toute la journée, écrivaitil à son père, le 2 avril, dans ma maison de campagne qui est la plus jolie du monde, afin d'achever de guérir
mon rhume en buvaiit beaucoup » 11 écrivait ainsi
des environs de Wescl, mais le régiment devait partir le lendemain pour Crefeld oîi étaient les cantonnements
(1) Bellc-Islc àClermont, 17 avril [3i74 n" i38\
(2) Le hochepot dont se plaignait le maréchal de Belle-lsle élail l'œuvre du comte d'Argenson. — Sur ce sujet, le maréchal écrivail aussi à Duverney, le 3 juin : « Ce mélange monslrueux eùl, sil eùl duré, anéanti les ingénieurs en France dans peu d'années; c'est ce qui fait que je n'ai pas perdu un moment à faire cesser ce mal. 41 y aura encore bien à faire pour mcllrc en règle le corps d'artillerie, les halaillons d'arlillerie, les écoles et nos manufactures. Vous savez par vous-même dans quel désordre affreux est celle dernière i)ai tic. »-