‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 225 sur 277 · iJ LETTRES DE MADAME DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

iJ LETTRES DE MADAME DE POMPADOUR

des puissances assez dupes pour vouloir en être?), déshonorés, perdus dans l'Europe entière, avec le roi de Prusse, TAngleterre et peut-être bien d'autres acharnés à notre destruction. Voilà, monseigneur, le tableau très exact de notre situation... Au reste, si vous ne croyez pas votre armée assez forte, il sera facile de vous faire passer des troupes de Flandre ou des autres provinces... L'état violent de l'impératrice et la méfiance que notre retraite lui a inspirée, monseigneur, ont déterminé le roi à envoyer Mon tazet 1; à votre armée pour être en état de tranquilliser Sa Majesté Impériale, tant sur l'état des troupes que sur le temps où elles pourront agir, et sur votre façon de penser personnelle (2)... »

Après madame de Pompadour, le roi : « Mon cousin, en mettant sous vos ordres toutes les forces de mon royaume, je vous ai bien prouvé le cas que je faisois de votre capacité et de vos talents militaires. Je vous ai su gré d'avoir préféré la conservation de nos troupes à la gloire que vous auriez pu acquérir en les exposant. Les malheurs qui ont accompagné votre retraite forcée m'ont affligé et ne m'ont pas surpris ; je m'y attendois, et je savois bien que je ne devois pas vous les reprocher. J'ai été fort sensible à toutes les peines d'esprit et de corps que vous avez essuyées, et je n'oublierai jamais les marques d'attachement et de bonne volonté que vous

(1) Le comte de Montazct, maréchal de camp, avait été envoyé avec une mission militaire à Vienne et s'était fait dislinçtuer de l'impératrire par les services iju'il avait rendus en plusieurs circonstances à larmée impériale.

{■2) 15 avril au malin. — 13 avril au soir. Pap. Clcrmont, 1785, t. II, n« 165; t. III, n« 21.

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