AUPRÈS DU COMTE DE CI.ERMOM
Altesse Sérénissime doit considérer ([iie M. Gayot est la créature et Tami intime des deux frères; Duverney n'a été occupé, dès le commoncement de la guerre, (]uk faire M. Gayot intendant de l'armée, et je doute que l'on puisse parvenir à lui faire entendre raison là-dessus... Cependant il ne faut pas désespérer, et nous attendons préalablement à tout votre réponse sur la proposition (jui vous a été faite <[ue Duverney allât vous rejoindre en personne. On vous en a exposé tous les avantages ; car il est certain du caractère dont est Duverney, touché et flatté de l'honneur de votre confiance, il déployera tous ses talents pour faciliter toutes vos opérations par le côté des subsistances, tant pour la partie des vivres en tout genre que pour celle des fourrages. L'argent n'arrêtera pas un moment ; car son frère mettra jusqu'au dernier cou pour que rien ne vous manque, et c'est, comme vous le savez, monseigneur, cet article de l'argent qui me fuit toujours trembler. Je pense donc qu'il faut ({ue Votre Altesse Sérénissime fasse venir Duverney auprès d'elle, qu'elle paroisse même le désirer, et qu'elle y mette toutes les grâces et bonnes façons dont elle est plus capable que personne. Quand il sera une fois auprès de vous, monseigneur, vous lui ferez voir de plus près l'insuffisance du sieur Gayot ; ou Duverney y suppléera, s'il le peut, par lui-même, ou Votre Altesse Sérénissime le conduira à convenir de l'insuffisance et h en prendre un autre de concert... Je dois aussi instruire Votre Altesse Sérénissime que, comme vous m'avez marqué dans votre lettre qu'on vous avoit dit beaucoup de bien de M. de Bornage de Vaux, intendant de Metz, l'on en a conclu que c'étoit sans doute M. de Mortaigrie qui vous l'avoit proposé, et de là on