‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 231 sur 277 · COISFIDENCE DU COMTE DE CLERMONT · texte numérisé non relu

COISFIDENCE DU COMTE DE CLERMONT

déférence pour M. le maréchal de Belle-Isle qui regarde cet homme comme supérieur à Alexandre et à César; mais tout franc, ce n'est qu'une espèce bien retorde, comme le maréchal en a toujours eu et en aura toujours auprès de lui. C'est un bon homme dans le fond, mais il a trop de goût pour ces gens-Ih, et moi je n'en ai aucun. Il se peut bien que M. de Mortaigne soit fort bon officier de cavalerie, mais c'est un homme plein de projets, d'idées qu'il enfante sur-le-champ, qu'il ne combine point et qu'il voudroit qui fussent exécutées dans l'instant. Voyez si je connois mon homme, et si, sur le portrait que je vous en fais, j'ai une grande confiance en lui, et si, à la manière dont je pense sur son compte, il est bon pour le service du roi qu'il reste ici. En tout je ne voulois qu'un maréchal des logis. Quand Crémille est parti, il n'y avoit qu'à m'envoyer le comte de Montazet comme maréchal des logis ou laisser celui que j'ai, dont je suis content (1). M. de Mortaigne auroit été tout aussi utile que Montazet (puisqu'on le croit un si grand homme de guerre) dans les troupes de l'impératrice ; il a servi en Allemagne, il parle la langue du pays ; cela l'auroit fait parvenir tout aussitôt et même plus tôt à être maréchal de France, et je n'en aurois pas l'embarras. Soyez sur de ce que je vous dis, M. de Mortaigne est bien capable de faire des souplesses; et même des bassesses à M. Duverney, quand il arrivera ici ; mais comme il le détestera dans le fond, vous pouvez compter que, s'il trouve sa belle à le traverser, il le fera. M. Duverney est un bon homme qui se laissera embabouiner par lui

(1) Le maniuis de Monleynard.

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