SUR LE CO>HE DE MOIJTAIG.NE
et qui en sera la dupe. Je ne vous cache pas que si on me le laisse ou qu'on m'envoie des gens qui ne me conviennent pas et dont je n'ai que faire, je redemanderai à m'en aller. J'attends avec une grande impatience la réponse de M. Duverney que je désire bien ardemment qui vienne, surtout s'il n'a de confiance qu'en moi et s'il ne s'ouvre qu'à moi ; nous ferons ensemble d'excellente besogne. 11 est bien essentiel que tout le monde ignore tout ce que je vous confie là, et surtout le maréchal de Belle-Isie qui n'a de Dieu que son Mortaigne et qui deviendroit l'ennemi de quiconque ne l'aimeroit pas (1). » Pauvre armée! Les généraux changent, la discorde persiste. N'est-ce pas, sous d'autres noms, le funeste antagonisme du comte de Maillebois et du maréchal d'Estrées?
Précisément, et comme à point nommé, un étrange incident ramenait en scène ces deux personnages. Le comte de Maillebois venait d'être appelé au commandement des côtes de Flandre ; ce n'était ([u'iui poste d'observation, mais il rêvait déjà un rôle plus actif, un grand rôle, car ils'offrait hardiment pour mener vingtcinq mille hommes en Angleterre (2). Avant de quitter Paris, l'idée lui vint de rédiger un mémoire sur sa conduite pendant la bataille de Hastenbeck. Etait-ce aux
(1) 10 mai, Pap. Clermont, 1758, t. III, n» 117. [i] Voir une lettre de lui à Duverney, du i mai 1783. — Correspondance Duverney -Mailleijois, n" 57.