‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 24 sur 277 · RÉFORME DES TROUPES · texte numérisé non relu

RÉFORME DES TROUPES

violente, mais en tombant du moins sur le champ de bataille, était le comte de Broun, un des meilleurs généraux de l'armée autrichienne (i). Lorsque, quehjues années plus tard, le comte de Gisors alla visiter la cour de Vienne et voir dans leurs camps les troupes impériales, il trouva dans son vieil ami de Nice le guide et le conseiller le plus affectueux et le plus sûr.

La fin de la guerre devait nécessairement amener une grande réforme de troupes. Le maréchal de Belle- Isle désirait vivement que le régiment Royal-Barrois fût conservé ; c'eût été une exception considérable, car la règle et l'usage étaient que les corps de formation récente fussent les premiers licenciés. Le maréchal avait écrit sur ce sujet au comte d'Argenson une lettre que celui-ci avait lue au roi tout entière. « Je vais vous dire en deux mots ce qu'elle a produit, lui répondait le ministre, un peu d'embarras, l'envie de ne vous point faire de la peine, le désir de ne se point déranger de son projet général qui n'admet point de préférence ni d'exception dans les suppressions qui seront ordonnées... Au milieu de tout cela je ne vous conseillerois pas de prendre cette cause si fort au personnel ; quelque distinction que mérite en tout genre M. de Gisors, songez qu'il n'auroit pas été colonel de si bonne heure, s'il n'avoit point eu ce régiment, qu'ainsi en aucun cas

(1) Le comte de Broun, car il écrivait lui-même ainsi son nom, était né à Bàle en 1703, d'une famille d'origine irlandaise. Il tomba mortellement blessé sur le champ de bataille de Pra^^ue, le 6 mai 17oT.

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