‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 247 sur 277 · ORDRE DE COMBATTRE · texte numérisé non relu

ORDRE DE COMBATTRE

combattre l'ennemi ; mais ils retombent de même... Jamais il n'y a eu tant de raisons réunies pour déterminer à combattre ; il nous faut nécessairement une action glorieuse (1). » Si c'était trop exiger, il fallait une action, quelle qu'en fût l'issue. « Votre Altesse Sérénissime me demande les intentions du roi : je suis chargé de vous dire, monseigneur, qu'il faut, à quelque prix que ce soit, tenir ferme et conserver, à la hauteur où vous êtes, et le Rhin et la Meuse (2). Si l'ennemi veut vous combattre, tant mieux, il ne le peut faire de front qu'avec le plus grand désavantage, et s'il se déplace et fait des mouvements par sa droite, il faut que Votre Altesse Sérénissime en profite sur-le-champ pour l'attaquer. Le roi connoit votre zèle et votre courage ; Sa Majesté apprend avec satisfaction la volonté qui règne dans toute l'armée; il faut donc en profiter; car vu toutes les circonstances des affaires politiques et l'état où se trouvent tous nos alliés, il vaudroit encore mieux que votre armée fût repoussée dans un combat avec désavantage que de reculer encore et de ne point combattre (3). »

Le comte de Clermont avait une manière h lui d'expliquer les choses et de montrer qu'une marche rétrograde était la meilleure pour atteindre l'ennemi. C'est ainsi qu'il mandait de Neuss, le 16 juin, h la marquise de Pompadour : « Madame, soyez tranquille, une armée ne se mène pas comme on promène son doigt sur une carte. Le prince Ferdinand a fait des manœuvres par des pays très difficiles en me gagnant tou-

(1) 13 juin. Pap. Clermont, 1758, t. IV^ n» 44.

(2) On le croyait encore à Meurs.

(3) 16 juin. Pap. Clermont, 1758, t. IV, n» 59.

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