MARCHES ET CONTRE-MARCHES
jours parle flanc ; ce n'est pas là le cas de combattre, même avec la plus ci^raiule supériorité; mais par une niarclie forcée, qui sera mandée par ceux qui ne sont pas dans mon secret être rétrograde, je l'ai primé. Je laisse reposer mes troupes vingt-quatre heures, ([uoique je marche toujours sur lui par des corps en avant. Je vais le poursuivre et ne pas le quitter qu'il ne soit forcé, du moins je le pense ainsi, ou à combattre, s'il veut accepter le défi, ou à repasser le Rhin, et alors les blâmes cesseront, et on verra que je n'ai fait que des manœuvres militaires, intelligentes et point timides (1).» En attendant, elles étaient inexplicables. Ainsi l'armée qui avait traversé Osteradt le 15, pour venir de Meurs à Neuss, ne pouvait pas comprendre pourquoi elle était ramenée le 18 à Osteradt. C'est de ce camp que le comte de Gisors datait et envoyait à son père les informations les plus tristement exactes sur l'état des esprits au quartier général et parmi les troupes. « Je n'ai pu jusqu'ici vous parler à cœur ouvert, lui disait-il; vous verrez avec amertume que si les choses demeurent dans l'état où elles sont, il n'y a pas le moindre succès à se promettre; les plus grands malheurs sont à craindre au contraire. M. le comte de Clermont, dépourvu de toute connoissance du pays, incaj)able de former aucun projet par lui-même, ne veut être constamment gouverné par personne, et cependant se rend toujours à l'avis du dernier. Il ne prévoit rien et est peu affecté des dangers présents, s'amuse d'une bagatelle et perd le temps à des promenades inutiles. Voilà quel est notre général. Sa principale confiance, malgré ses
(1) 16 juin. Pap. Clermont, 1758, l. IV, n" 63.