‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 255 sur 277 · LA GAUCHE FRANÇAISE EN DANGER · texte numérisé non relu

LA GAUCHE FRANÇAISE EN DANGER

Il fut bientôt évident que les attaques de front simulées par l'ennemi n'étaient que pour distraire l'étatmajor français de l'énorme danger qui menaçait sa gauche. Sur une ligne parallèle au landwehr, le prince Ferdinand avait déployé les trois quarts de sa nombreuse artillerie, et, derrière les nuages de fumée qu'amoncelait sans relâche la canonnade des deux parts, il ne cessait de faire filer les bataillons et les escadrons sur sa droite, de sorte qu'il y eut enfin plus de la moitié de ses forces. Après avoir longtemps disputé Anradt aux premières troupes hanovriennes, la légion royale avait été obligée de se replier dans les bois en arrière, puis de les céder même à l'ennemi dont les tètes de colonne se montraient déjà à l'issue des chemins qui débouchaient dans la bruyère de Villich. Non seulement l'armée française était tournée, prise en flanc par sa gauche, mais si on ne lui barrait pas le chemin au plus vite, le prince Ferdinand allait, en moins de deux heures, se porter de Villich a Vischelen et par conséquent l'envelopper tout à fîiit. La brigade de Vaubecourt et deux brigades de cavalerie, avec du canon, furent envoyées en toute hâte entre Villich et le château de Culenburg. Toute la réserve de gauche fut appelée et placée en potence, les brigades de cavalerie d'Aquitaine et de Royal-Roussillon tirant d'un côté vers Villich, les carabiniers et les dragons se prolongeant de l'autre jusqu'cà l'angle formé h Stocke par cette ligne transversale et par le landwehr ; entre ces deux ailes de cavalerie, au centre de la ligne, en face des bois occupés par l'ennemi, quinze bataillons, la Marine, la Couronne, la Marche, Chartres, Touraine, Brancas, Lockman-Suisse. On doit nommer tous ces braves régiments

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