LA CAVALERIE PRÊTE A CFIAUGER
fit des divisions coniposces dt; soldats de différenls corps, et Ton y mit les j)remiers oITiciers ((ii"on trouva. Il (allait bien (|iie cette réorganisation lïit promptenient faite, car elle se faisait sous le feu ; les boidets hanovriens em|)orlaient des tiles à peine comptées (1). Cependant ce froid courage, après cette ardeur bouillante, imposa tellement aux Hanovriens qu'au lieu d'attaquer de front cette infanterie, ils commencèrent à la déborder par les flancs.
Chose incroyable, les réserves ne paraissaient pas encore ; erreur ou faute, le fait n"a jamais été bien éclairci, mais il est certain que les officiers d'état-major chargés de les conduire leur avaient fait suivre une fausse direction. Sur les instances de M. de Mortaigne, le comte de Clermont fit donner à la cavalerie de la gauche l'ordre de charger à fond sur l'ennemi. Du côté de Villich, les brigades de Royal-Roussillon et d'Aquit-aine, du côté de Stocke les dragons et les carabiniers n'attendaient que le moment d'entrer en action. Depuis le commencement de la bataille, spectateurs immobiles, impassibles d'aspect, ils avaient cruellement souffert du feu des Hanovriens. Parmi les carabiniers surtout, corps d'élite où les pertes étaient les plus sensibles, l'impatience de venger leurs morts était grande. Après ces trente escadrons tombant à la fois sur l'infanterie hanovrienne, trente autres, rangés en seconde ligne, devaient, en donnant à leur tour, laisser à ceux-là le temps de se reformer et d'écraser l'ennemi par un
(1) Mémoires sur la campagne de 1758. Le récit de la bataille de Crefcld est du marquis de Voycr. — Archives du Dépôt de la Guêtre. Supplément.