‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 258 sur 277 · LE COMTE DE GISORS EST BLESSÉ · texte numérisé non relu

LE COMTE DE GISORS EST BLESSÉ

dernier choc. Officier de cavalerie d'origine et très bon officier, M. de Mortaigne savait mieux que personne tout ce qu'une pareille manoeuvre exigeait de précision entre ses divers moments et d'ensemble dans chacun de ses heurts. L'eft'et ne répondit pas à son attente. Cependant les premiers escadrons donnèrent sur l'ennemi avec un admirable entrain ; l'élan des carabiniers surtout fut magnifique. « Rien n'a été aussi absurde et aussi courageux que la charge de ce corps, » a dit le marquis de Voyer qui blâmait toute cette manœuvre. Une course violente à travers l'infanterie hanovrienne, deux lignes abordées de front, percées l'une après l'autre, puis, la carrière fournie, prises à revers et de nouveau renversées, quel glorieux tableau, s'il n'était pas attristé par un douloureux épisode ! Ce fut au retour de cette charge, la première qu'il eût conduite, que le comte de Gisors reçut presque à bout portant, un coup de feu dans les reins. Volontiers ses carabiniers seraient revenus sur l'ennemi, comme en effet, selon le projet de M. de Mortaigne, ils y devaient revenir ; mais par des hésitations ou d'étranges malentendus, la charge de la seconde ligne se rompit en tronçons désordonnés ; beaucoup d'escadrons demeurèrent ou manœuvrèrent de sorte qu'ils barrèrent maladroitement le passage aux autres. La confusion tourna au profit des Ilanovriens ; remis de l'émoi que leur avait causé le choc des carabiniers et des dragons, de Royal-Roussillon et de la brigade d'Aquitaine, ils étaient entièrement sortis des bois et reformés en bon ordre.

L'heure était critique, le péril imminent ; cependant, sous un vrai général, la bataille perdue d'un côté pou-

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