M. DE GISORS ET LE RÉGIMEM DE CHAMPAGNE
française donnait à son fils une leçon d'où plus d'une société démocratique pourrait tirer quelque enseignement pour elle-même.
Pendant quatre ans, Tunique souci du comte de Gisors fut de se rapproclier chaque jour davantage du modèle idéal que la main de son père avait tracé pour lui ; chaque jour il examinait si sa conduite avait été conforme aux admirables préceptes dont l'application rigoureuse était sa plus constante affaire. Le maréchal de Belle-Isle avait fait venir à 3Ietz le régiment de Champagne, et c'était sans la moindre peine que le comte de Gisors quittait Paris ou Bisy pour aller présider, durant de longs séjours avec elle, la famille militaire dont il était le chef bien jeune, mais déjà aimé, estimé, respecté même, parce que la bonté, la sagesse, l'amour de la justice, les graves et douces vertus qui font que les vieillards sont vénérables s'unissaient 4éjà chez lui, naturellement et sans leur nuire, aux vives, aimables et charmantes qualités de la jeunesse.
Quand il eut vingt et un ans, son père et sa mère s'occupèrent de le marier. Ce fut chez un arrière-petitneveu du cardinal Mazarin que le petit-fils du surintendant Fouquet trouva la compagne qu'il souhaitait pour son fils. Le duc de Nivernais, celui qui, dépouillé de ses titres par la Révolution française^ et réduit au nom primitif de sa famille, devait, quarante ans plus tard, se|nommer le citoyen Mancini, était alors un