‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 268 sur 277 · HOMMAGE DE PARIS-ULVERNEY · texte numérisé non relu

HOMMAGE DE PARIS-ULVERNEY

ouvrage. Il rendit au maréchal de Bclle-Isle le service de lui composer sa réponse (1).

De tous les hommages rendus au maréchal de Belle- Isle et au comte de Gisors, à la doulour de l'un, à la mémoire de l'autre, le plus juste peut-être et le plus désintéressé ne venait pourtant pas de quel((u'un de leurs amis ; il venait au contraire d'un homme qui avait été bien des fois et qui était même encore en opposition avec le maréchal de Belle-Isle. Voici cepiMidant ce que Pàris-Duverney écrivait au marquis du Mesnil : « M, le maréchal n'a pas cessé de travailler, malgré la perte atfreuse qu'il a faite. Je ne puis y penser sans en frémir. Falloit-il qu'une journée malheureuse pour tous fût marquée pour lui au coin du plus grand malheur qui pût lui arriver en particulier! Quand M. de Gisors

(l)Laniinntc de cette réponse se trouve, écrite de la main du duc de Nivernais, au verso de la lettre autographe de l'inipératrice. En voici le texte: « Madame, je ne trouve point de termes pour exprimera Votre Majesté Impériale à(|uel point je suis touché de la lettre dentelle a daigné m'honorer ; mais l'irréparable perte (|ue j'ai faite et la douleur qui me pénétre pour le reste de ma vie, ne m'empêchent pas de sentir tout le prix des bontés dont Votre Majesté me comble en cette occasion. .T'ose dire. Madame, que mon malheureux fils est digne des regrets de Votre Majesté dont les rares et adorables qualités l'avoicnt pénétré d'un respect, d'une ailmiralion et d'un altachement sans bornes pour votre })ersonne sacrée. Ces senliments, communs à tout ce qui a le bonhfur d'approcher d'elle, éloient aussi vifs en lui qu'ils peuvent l'être dans les personnes le plus particulièrement attachées à Votre Majesté, et il auroit. Madame, employé tous les jours de sa vie à en donner des preuves par son zèle pour votre sei'vice. l»our moi. Madame, j'ai trop vécu, et cependant je remercie Dieu de m'avoir t'ait vivre assez pour voir la gloire du roi mon maître inséparable de celle de Votre Majesté. Je saciilie le peu de santé qui me reste au service de l'un et de l'autre, et ma plus grande consolation dans le malheur ((ui m'accable est la justice que Votre Majesté veut bien rendre à mon zèle. Je suis, etc. »

Page 1