DONATION DU MARÉCHAL AU ROI
affaires qui sontdevenues les miennes. Je n'ai plus d'héritier naturel; ce que je possède même est en plus grande partie de vos bienfaits ou de mon échange (1).
« Je puis dire avec vérité que ce que j'ai dépensé ou que je dois, qui monte environ à dix-sept cent mille francs, Ta été pour ou relativement à votre service, excepté ce que j'ai employé à ma maison de Paris ou de Bisy. Je supplie Votre Majesté de trouver bon que mon attachement et ma reconnoissance ne se bornent pas à une simple effusion de cœur et que je lui fasse don de l'un et de l'autre... » Le maréchal priait le roi d'accepter, après sa mort, et ses dettes payées, tout ce qu'il avait de biens; il en évaluait la somme à quatre millions trois ou quatre cent mille livres. « C'est ajoutait-il, une restitution de vos bienfaits d'autant plus raisonnable que je ne fais tort à qui que ce soit et que je satisfais mon attachement pour votre personne et ma reconnoissance... Je finis. Sire, en assurant encore Votre Majesté, que, de tous ses sujets, il n'y en a aucun sur la terre qui, comme moi, n'y tienne plus que pour elle, et dont l'attachement soit aussi pur, aussi complet et aussi indépendant de toute autre espèce de vue ni de considération quelconque. Mes vœux se bornent, Sire, à ce que vous en soye^ bien persuadé (2). »
Des formalités financières et juridiques, des difficultés issues de la coutume de Normandie qui régissait le principal domaine du maréchal, les terres du duché de Gisors, embarrassèrent et retardèrent l'etiet de cette donation. Elle n'était point encore un fait accompli
(1) L'échange de Bcllc-Isle.
(2) Une minute de celte lettre, avec des corrections de la main du maréchal, se trouve à la tin du t. 33 il), n*» 203. D. G.