‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 31 sur 277 · LE DUC DE NIVERNAIS PERD SON FILS · texte numérisé non relu

LE DUC DE NIVERNAIS PERD SON FILS

faites d'avoir tous les jours des officiers à dîner; pourvu qu'ils ne vous importunent pas! c'est tout ce que je crains. Il ne faut rien moins que des devoirs aussi tristes que ceux que je remplis ici pour que je ne me reproche pas de n'être pas avec vous. Quand nous nous trouvons seuls ma femme et moi, nous lisons ensemble vos lettres; elle les baise de tout son cœur ; je lui lis mes réponses, et quand elle trouve que j'interprète assez tendrement ses sentiments pour vous, elle me caresse et m'en aime beaucoup mieux (1). » Le lendemain, le pauvre enfant avait cessé de souffrir; une lettre de M. de Gisors, du 20 septembre, donnait cette triste nouvelle au maréchal : « M. de Nevers est mort hier à quatre heures du matin, et je me meurs de peur que M. et madame de Nivernois ne tombent malades, tant leur désolation est grande. Hier, depuis cinq heures et demie du matin jusqu'à dix heures du soir que je les ai quittés, je ne les ai pas vus cesser un instant de pleurer. Je leur avois offert de venir coucher à l'hôtel de Belle-Isle; mais sagement et courageusement ils ont préféré de demeurer dans leur maison où il auroit toujours fallu rentrer... C'est moi qui ai appris à ma pauvre femme la perte qu'elle avoit faite; jugez de ce que j'ai souffert (2). »

Le duc et la duchesse de Nivernais restèrent en France. A l'entrée de l'hiver, il fut décidé que le comte de Gisors commencerait par l'Angleterre et continuerait tout de suite en Allemagne le cours de ses voyages.

(1) [3396, no 387].

Page 1