‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 37 sur 277 · M. DE GISORS A LA CHAMBRE DES COMMUNES · texte numérisé non relu

M. DE GISORS A LA CHAMBRE DES COMMUNES

nommés sans vote, des rapports censés faits, des résolutions censées prises; il est vrai qu'il s'agit dans tout cela d'affaires sans importance ; mais enfin la légèreté de ces préliminaires étonne le visiteur ; même le serment que prête un membre nouveau le choque parce que la façon dont il est prêté n'est rien moins que solennelle. Tout à coup le premier ministre, Henry Pelham, entre dans la Chambre; aussitôt la scène change; les membres prennent leurs places et deviennent attentifs. Le sjjeaker lit un bill dont l'objet est d'assujettir au pouvoir militaire les troupes de la Compagnie des Indes. Le chef de l'opposition, lord Egmont, se lève; il commence par protester contre l'accroissement du pouvoir militaire qui conduit fatalement au despotisme ; il affirme que ce pouvoir s'est prodigieusement accru sous la maison de Brunswick, et cependant il n'est rien qui répugne davantage à la constitution et à la liberté anglaise. Le roi, dit lord Egmont, n'est pas le maître de l'armée, il n'est que le premier officier du royaume. De ces considérations générales, l'orateur passe à l'examen du bill même et il en profite pour attaquer la Compagnie des Indes dont les premiers privilèges sont entachés de corruption et dont les chefs actuels ne lui semblent pas dignes d'une autorité si considérable. Il ferait beau voir, s'écrie-t-il, les officiers du régiment que le roi prête à la Compagnie, prendre les ordres de tel personnage qu'on a connu « trompette des marionnettes à Londres » . A ce trait, toute la chambre est prise d'un fou rire. Enfin, « avec la fierté d'un républicain », c'est l'expression même du comte de Gisors, lord Egmont atteste la chambre qu'étranger jusqu'à ce moment à toute passion contre toute compagnie de commerce, il

Page 1