‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 41 sur 277 · LES JOURNAUX ET LES MŒURS · texte numérisé non relu

LES JOURNAUX ET LES MŒURS

et l'autre de mourir, les médecins étant d'une cherté abominable et le terrain des cimetières d'un prix exorbitant ['[). Quant aux journaux, ((ui sont une des nécessités de la vie anglaise, les écrivains dont c'est le métier y gagnent peu d'argent et encore moins d'estime. A peine arrivé à Londres, le comte de Gisors se fait apporter les papiers publics ; il y trouve peu de choses intéressantes et beaucoup de mensonges (2). Cette première impression n'est ni contredite ni modifiée par les hommes éclairés qu'il rencontre. Les mensonges des journaux ne sont souvent, il est vrai, que l'exagération des méchants propos qui courent et se croisent au milieu d'une société animée et divisée par les rivalités politiques. Tout se ressent de cette agitation, les mœurs publiques et les habitudes sociales.

Une des premières visites du comte de Gisors ù Londres a été chez lady Holdernesse, femme du secrétaire d'État, adjoint au duc de Newcastle pour les affaires étrangères, « Cette dame, dit-il, parle le françois on ne peut pas plus joliment et je l'ai trouvée en tout très ressemblante à nos dames françoises, s'ajustant comme elles, plaisantant comme elles et riant beaucoup aux dépens des autres. Je n'entrerai pas, ajoutet-il plus loin, dans le détail de toutes les anecdotes que j'ai apprises sur le tiers et le quart des femmes de ce pays-ci; comme elles n'ont aucun rapport aux affaires, il n'y auroit que de la méchanceté à les rapporter (3), » Peu de temps après, il écrit h la maréchale de Belle-Isle, sa mère : « Jusqu'ici beaucoup de circonspection a été

(1) Journal, 18 février. — (:2) Journal, 6 février. — (3) Journal, 6 et 10 février.

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