‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 47 sur 277 · HENRY PELHAM ET LE DUC DE NE\VCASTLE · texte numérisé non relu

HENRY PELHAM ET LE DUC DE NE\VCASTLE

a été Horace Walpole, qui s'est lié avec lui dès le premier jour. Parmi les hommes d'État, il n'a fait qu'entrevoir le chef du ministère, Henry Pelham, qui est à la fois premier lord de la Trésorerie et chancelier de l'Échiquier, homme considérable à tous égards, non point grand orateur, mais orateur efficace, en grand crédit dans le Parlement et dans la nation, temporisateur et pacifique. Horace Walpole fait grand cas de Pelham, tout en lui reprochant un peu d'opiniâtreté, quelque paresse et un goût de plaisir qui l'a quelquefois entraîné dans des sociétés indignes d'un homme de son poids (1). M. de Gisors l'a peu vu, sachant peu l'anglais et le premier ministre n'entendant pas le français davantage. Mais il voit beaucoup son frère le duc de Newcastle, principal secrétaire d'État pour les affaires étrangères. Autant Henry Pelham est contenu et d'apparence grave, autant celui-ci est expansif et pétulant. La première fois que le comte de Gisors lui a été amené par le duc de Mirepoix, il a sauté d'abord au cou du jeune homme et l'a embrassé deux fois sans lui laisser le temps de placer un mot; Gisors apprend ensuite que telle est la manière du duc de Newcastle qui embrasse les gens et puis leur demande comment ils se nomment; on a beaucoup de peine à obtenir audience de lui; mais dès qu'on a forcé la porte, il commence à parler et ne finit plus (2). « On ne peut pas être plus poli ni plus vif qu'il l'est, dit le comte de Gisors; sur son accent, je l'aurois plutôt pris pour un Espagnol que pour un Anglois. H m'a fait mille protestations d'attachement et de respect pour mon père, et, en sor-

(1) Journal, 8 mars. — (2) Journal, 9 avril.

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