MORT DE HENRY PELIIAM
tant, il m'a encore renouvelé tons les compliments les plus obligeants du monde (1). » La vie du duc de Newcastle est somptueuse; les dîners qu'il donne sont de la plus exquise magnificence. « Jamais, dit M. de Gisors, je n'ai vu une aussi grande abondance de vivres et une chère plus délicate, des vins de toute espèce et de la vaisselle d'or au fruit; mais ce qu'il y a de plus délicieux est le mouvement que se donne le duc, lorgnant chaque plat et puis s'élançant de dessus sa chaise sur la table pour servir tantôt de l'un, tantôt de l'autre, n A quoi, pour achever ce plaisant tableau, il faut ajouter les taquineries du duc de Grafton et les ripostes du duc de Newcastle. « On m'a dit, continue M. de Gisors, que la magnificence du duc à Londres n'approche en rien de celle qui règne dans sa maison de campagne. Sa profusion et sa libéralité, qui lui font manger tout sort bien, contribuent principalement h le soutenir dans la place où il est. Tandis que son frère mène les affairesavec beaucoup de mérite et de capacité, celui-ci, autant qu'il m'a paru, doit les traiter assez légèrement (2). »
Le 6 mars, Henry Pelham meurt tout à coup: pour le comte de Gisors, qui a déjà vu les préparatifs d'une élection générale, s'ajoute au spectacle de ces apprêts bouleversés l'agitation d'une crise ministérielle. L'opinion la plus répandue est que le duc de Newcastle aura de la peine à se soutenir, et déjà le comte Granvilie apparaît au seuil du pouvoir ; mais les fins politi(jues estiment que cette apparition même est pour le duc de Newcastle un coup de fortune; en effet, le comte Granvilie est si redouté par le Parlement que la majorité
(1) Journal, 6 lévrier. — (f>) Journal, 16 février.