CRISE MINISTÉRIELLE
fera et souffrira tout pour l'écarter du ministère (l). Le lendemain, au lever du roi, le comte de Gisors remarque l'abattement du monarque que ces luttes tatiguent, l'air satisfait du comte Granville, et sur toutes les physionomies une curiosité inquiète. Les partisans du duc de Newcastle soutiennent que, dans l'état des affaires, le plus ou le moins de capacité politi(|ue n'est point à considérer, mais qu'il est important de choisir l'homme qui, connaissant le mieux le système adopté par Henry Pelbam pour l'élection prochaine, ait assez de crédit sur la nation pour le faire réussir (2). D'autres mettent en avant le secrétaire d'État de la guerre, M. Fox, grand orateur, fait pour être premier ministre ; le malheur est qu'il n'a pas bon renom sur la délicatesse ; il a beaucoup d'enfants, il est prodigue et besogneux. Le duc de Newcastle a d'ailleurs résolu de prendre la Trésorerie pour lui-même, et il lui suffit d'offrir à M. Fox le poste de principal secrétaire d'État. Le 13 mars, le comte de Gisors apprend dans un concert que le plan du duc est réalisé. Le lendemain, autre nouvelle : M. Fox a refusé; il reste à la guerre (3) ; le poste dont il n'a point voulu est proposé au procureur général Murray.
Il y a un nom qu'on est surpris de ne point rencontrer du tout dans cette affaire et de rencontrer à peine dans tout le journal du comte de Gisors, c'est celui de M. Pitt; cependant le jeune voyageur français était parfaitement et souvent reçu chez madame Pitt. Depuis des années déjà le futur lord Ghatham était un des pre-
(Ij Journal, 6 mars. — (2) Journal, 8 mars. — [3j Voir dans YEssai de Macaulay sur lord Chatham la conversation de M. Fox et du duc de ^'ewcastle. Essais historiques et biographiques, traduction Guillaume Guizot.