‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 55 sur 277 · TÉMOIGNAGE DU CHEVALIER DE LA TOUCHE · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGE DU CHEVALIER DE LA TOUCHE

anglois, je ne vois pas sur quoi il fonde ses prétentions, à moins qu'il ne veuille se faire là aussi duc et pair, ce que je souhaiterois de tout mon cœur pour l'honneur de ma nation, car, sans le flatter, il n'y a a pas de pays au monde qui ne se fera gloire d'une telle acquisition que M. de Gisors. J'épierai les occasions de lui témoigner mon attachement; mais l'empressement de le servir me paroît trop général pour que je puisse espérer d'en avoir souvent (1). »

Le chevalier de La Touche n'avait point été mécontent que M. de Gisors n'eût pas attendu pour se faire présenter par lui au roi de Prusse ; il s'était montré au contraire très sensible à l'attention que le jeune comte avait eue de lui faire savoir immédiatement ce qui s'était passé, le 18 mai, à Potsdam, et dès le lendemain, il y était venu lui-même. « J'ai été, mandait-il, le 25, au ministre des affaires étrangères de France, M. de Saint-Contesl, joindre, le 19 de ce mois, M. le comte de Gisors qui a été accueilli de S. M. prussienne avec une bonté distinguée. Nous avons eu l'honneur de dîner avec ce prince au château de Sans-Souci, et nous avons vu le lendemain, avec une satisfaction singulière, toutes les manœuvres que les troupes prussiennes ont faites et dont leur maître a fait donner l'explication à M. le comte de Gisors par un de ses aides de camp qui avoit l'ordre de l'accompagner. Ce jeune voyageur n'a pas été reçu moins bien des deux reines et de la famille royale de Prusse, auxquelles il a eu l'honneur d'être

(1) [3396, n" 414]. — Nous n'avons fait au texte de cette lettre que trois ou quatre corrections purement grammaticales. C'est ce qu'a fait aussi le duc de Luvnes en la citant dans ses Mémoires, t. XIII, p. 289.

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