‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 6 sur 277 · LE COMTE DE BELLE-ISLE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE BELLE-ISLE

écoulés, la génération contemporaine du surintendant devant être fort éclaircie, le marquis de Belle-Isle ne voulut pas imposer à son fils aîné l'espèce de claustralion dont il s'était fait l'innocente et volontaire victime. A seize ans, le jeune homme vint à Paris. Sa famille, quoique nouvelle, avait des alliances considérables; le surintendant avait eu pour gendre Armand de Béthune, duc de Gharost, capitaine des gardes du corps et bien vu de Louis XIV, malgré son mariage ; la mère même du comte de Belle-Isle était fille de Charles de Lévis, comte de Charlus, qui n'avait pas craint de la marier à un homme dont le nom seul aurait effrayé tant d'autres. Le jeune comte avait de l'esprit, du tact, les sentiments et les façons d'un vrai gentilhomme ; il plut beaucoup à ses puissants alliés; ses cousins de Lévis et de Gharost lui recrutèrent d'autres protecteurs, et enfin, au mois de juillet 1701, il eut la joie d'endosser l'uniforme des mousquetaires du roi. Comment avait-on pu obtenir de Louis XIV l'admission d'un Fouquet dans un corps choisi qui faisait le service auprès de sa personne? Il est certain que de fort grosses questions avaient exigé moins de soins, de politique et de suite que cette petite affaire. Le premier pas, qu'on dit généralement le plus difficile, l'était assurément pour un Fouquet plus que pour aucun autre, et par cette porte plus que partout ailleurs.

Au bout d'un an, il sortit des mousquetaires pour passer capitaine dans Royal-Cavalerie, fit sa première campagne en 1702 sous Gatinat, puis sous Villars, et ne manqua plus une occasion de se battre, c'est-à-dire de se distinguer, tant que dura la guerre pour la succession d'Espagne. Deux fois blessé, h Friedlingen en

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