‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 71 sur 277 · LA POLOGNE ET L.V PRUSSE · texte numérisé non relu

LA POLOGNE ET L.V PRUSSE

pour la Suède. Vous y verrez ma sœur(i) qui vous rendra la justice ([u'on vous doit, même sans être prévenue par des recommandations. J'espère qu'à votre retour vous passerez par ces contrées ; soyez persuadé que vous y trouverez toujours en moi un ami qui vous reverra avec plaisir (^). » Après le prince royal, c'était le prince Henri qui écrivait à son tour : « Unir à la jeunesse le caractère elles talents, c'est être né avec des qualités rares; les perfectionner, les embellir et les rendre utiles, mérite l'admiration de tout le monde. Vous devez vous connoître à ce portrait ; il fait l'apologie de l'estime que j'ai pour vous. Je blesse sans doute votre modestie, mais c'est un amour-propre poussé à l'excès ([ui m'entraîne à faire l'éloge de mon discernement (3). »

Comparée à la première, cette lettre-ci est mieux tournée, plus galamment littéraire; mais la première est plus politique. Le fond, Tessentiel, c'est la sérieuse attention du prince royal de Prusse aux affiiires de la Pologne, « de ce gouvernement républicain, où l'état militaire n'est pas formidable, puis([ue la discipline qui en fait l'àme est trop relâchée par les lois. » La remarque donne singulièrement à réfléchir. Dès l'année 1754, la Pologne était donc surveillée, guettée, convoitée par la Prusse comme une proie de peu de défense. Il est d'autant plus regrettable qu'aucune trace des observations de M. de Gisors pendant son séjour à Varsovie ne soit venue jusqu'à nous.

(1) Louisc-UIruiuc, sœur de Frédéric II, des princes Guillaume, ' Henri et Ferdinand, mariée à Adolphe-Frédéric de Holstein, roi de

Suède.

(2) Guillaume de Prusse à Gisors, 30 septembre 17.^i[3398,no4l6]

(3) Henri de Prusse à Gisors, b octobre 175i [3396, n° 467].

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