LE PATRIOTISME ANGLAIS
prends dans les tableaux, je m'amuse assez l)ien. Mais il y a un autre voyage que vous m'avez promis ; je veux dire celui d'Angleterre ; je vous somme de votre parole dans un an (1). » Malheureusement un orage, venu d'Amérique, commençait à gronder entre l'Angleterre et la France, et le duc deRiclimond lui-même, ce descendant desStuarts, n'avait pu s'empêcher d'écrire au comte deGisors, par un mouvement d'orgueil national : « Vous qui avez vu nos ports, vous devez être surpris de la diligence avec laquelle on a armé une flotte si considérable ('2). » Il voulait parler des escadres chargées de troupes qui allaient aider, contre les colons français du Canada et de l'Ohio, les agressions des colons anglais de la Virginie et de la Nouvelle-Angleterre.
Pendant son séjour à Londres, le comte de Gisors avait vu et suivi avec un vif intérêt les succès d'une pratique médicale importée depuis quelque quarante ans d'Orient en Angleterre, l'inoculation de la petite vérole. Depuis son retour, il s'était mis au premier rang de ses promoteurs à Paris et c'était un des principaux sujets de sa correspondance avec ses amis anglais. « Je suis très-charmé que l'inoculation prenne en France, lui écrivait le duc de Richmond, c'est une chose qui réussit presijuc toujours et sauve bien du monde, et en vérité vous faites très-bien de vous mettre du nombre. La France fait à merveille de nous imiter en inoculation et même en commerce et en marine. Nous n'en serons point jaloux; mais aussi ne soyez point jaloux de ce que nous avons. Imitez-nous aussi dans le désir que nous avons de la paix et de conserver ce que nous
(ij 8 juillet ITio [3406, n» 351]. — (-2) 2 mai 1733 [3406, n» 18i].