LE DUC DE NIVERNAIS ET M. DE GISORS
position de madame de Gisors, écrivait-il à son jeune mari ; puisse-t-elle, pendant une très-longue vie, n'en jamais connoître d'autres que celles qui vous donnent de l'espérance et de la joie!... » Dans la même lettre, M. de Bernstorf ajoutait : « M. de Nivernois remporte tous les suffrages à Berlin ; ce succès lui étoit assuré (1). » Succès d'homme d'esprit assurément, mais non pas succès d'ambassadeur. M. de Keralio écrivait h son gendre : « Votre cher et honoré beau-père est toujours fêté, couru par les hommes, les femmes, la cour et la ville (2). » Il eût bien mieux valu que l'ambassadeur n'eût été couru que par le roi de Prusse et son ministre des affaires étrangères. Personnellement M. de Nivernais ne pouvait que se louer des attentions et des soins de Frédéric. « Je n'ai rien à vous apprendre de nouveau, écrivait-il, le 6 février, à M. de Gisors, et c'est moi qui attends h présent qu'on m'apprenne. Ce climat-ci est dur et peu homogène à ma chétive manière d'être; mais, comme vous le dites fort bien, c'est un grand plaisir de voir et d'entendre un prince tel que celui qui gouverne ce pays-ci, et comme vous savez fort bien, car on sait mieux cela à votre âge qu'au mien, le plaisir fait trouver tout bon ; d'ailleurs vous êtes si fort aimé à Berlin que je ne saurois ne pas aimer Berlin de tout mon cœur, et quand il m'y tomberoit une tuile sur la tête, je l'aimerois toujours à cause de vous, mademoiselle Colette (3); d'ailleurs on m'y comble personnellement
(1) 27 janvier t7o6 [3469, n° 12].
(2) 22 janvier [3i69, n° 8J.
(3) C'est la seule fois que nous avons trouvé à l'adresse du comle de Gisors ce petit sobriiiuot, qui devait être d'un usage courant dans rintéricur de la famille.