‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 83 sur 277 · AGITATION DIPLOMATIQUE · texte numérisé non relu

AGITATION DIPLOMATIQUE

guerre maritime entre la France et l'Angleterre, un secours de vingt-quatre mille hommes à l'autre. Ainsi les précautions que l'on prenait de toutes parts sur le continent n'étaient, s'il fallait s'en tenir aux apparences, que des précautions défensives. C'était ainsi que Marie- Thérèse s'assurait, pour maintenir la paix de l'Allemagne, l'alliance des Électeurs de Cologne, de Mayence et de Trêves, de l'Électeur de Bavière, de l'Électeur palatin, de l'Électeur de Saxe, on pourrait dire de l'Allemagne entière, si le duc de Brunswick, le landgrave de Hesse et le duc de Saxe-Gotha ne se fussent déclarés également pour la défensive, mais avec le roi de Prusse et l'Électeur de Hanovre. La Russie, comme la France, devait à l'Autriche, si elle était attaquée, un secours ; néanmoins un puissant parti ne laissait pas de travailler sourdement à Saint-Pétersbourg en faveur de la Prusse.

Des événements considérables venaient de s'accomplir dans la Méditerranée. Une expédition française était partie de Toulon, sous les ordres du maréchal de Richelieu, le 40 avril; le 17, elle avait débarqué dans l'ile de Minorque ; le 20 mai, l'amiral Byng avait été battu par M. de La Galissonière; le 28 juin, Port- Mahon était pris. En même temps des apprêts significatifs se faisaient dans tous les ports français, de Dunkerque à Brest ; de nombreux rassemblements de troupes étaient formés sur les côtes ; les éléments d'une flottille commençaient à paraître. L'Angleterre se sentait directement menacée. Pouvait-elle sans un danger imminent attendre davantage, laisser le continent paisible, c'està-dire la France libre de tourner contre elle toute sa puissance? Quel avantage eût-elle donc tiré de ses

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