POLITIQUE UE LA EUANCE
(jualre mille hommes, c'était trop ou trop peu. Tel était l'avis formellement exprimé par le maréchal de Belle- Isle. Puis((ne la i^iierre était venue, il fallait la faire grandement, pour la terminer utilement et vite.
Ruiner ou prévenir les alliances que l'Angleterre s'était faites ou cliercliait encore à se faire sur le continent, voilà ce ((ue l'intérêt pressant de la France exigeait de sa politique. La Hollande hésitait, il fallait la contenir ; le landgrave de Hesse et le duc de Brunswick s'étaient déclarés, il fallait les punir; le Hanovre appartenait au roi d'Angleterre, il fallait lui enlever le Hanovre ; après quoi, si le roi de Prusse, réduit à ses seules ressources, s'obstinait à continuer la lutte, il fallait envoyer contre lui, non plus un petit corps, mais^ une forte armée, capable d'agir seule, et tout en aidant au triomphe de l'impératrice, de lui faire apprécier et payer à son juste prix l'immense service de l'alliance française. C'étaient ces considérations, non point toutes, qu'il fallait faire parveniret comprendre à Vienne ; comme elles étaient militaires autant que politiques, ce fut un homme d'épée, un lieutenant général, le comte d'Estrées, qui, revêtu du titre de ministre plénipotentiaire, fut dépêché auprès de Marie-Thérèse et du comte de Kaunitz. Cependant, même avant son départ, on travaillait prestement aux préparatifs du nouveau plan d'opérations qu'il s'agissait de substituer aux arrangements du traité de Versailles, et comme si l'on ne doutait pas qu'il ne fût agréé par avance (1).
(1) Dans une lellrc adressée au comte d'Ar2;enson et datôr de Paris, ii oclobrc 1756, le comte d'Estrées recommande, i)onr la marche et la subsistance des troupes, des dispositions qui ont été arrêtées dans un comité tenu chez Pâris-Duverney, et au(iuel