‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 94 sur 277 · SOINS DU COMTE UE GISORS · texte numérisé non relu

SOINS DU COMTE UE GISORS

donner. « Notre soldat, disait-il, est aussi bon et aussi bien instruit qu'il peut l'être sans aucune rigueur ni minutie. Il reste à convaincre l'officier qu'il faut appliquer à la guerre l'ordre qu'on a cherché à établir pendant la paix. Je ne fais que parler du métier avec mes capitaines et j'exerce mes lieutenants, divisés en première et seconde classe, comme mes soldats. Si, cette campagne, je puis être assez heureux pour tirer des coups de fusil avec succès, j'aurai plus "de crédit sur les esprits que n'en peut avoir un jeune homme qu'on soupçonne d'enthousiasme pour les nouveautés et à qui on ferme la bouche par le récit d'aventures, oii, malgré le désordre, on a réussi [i). »

Il s'agissait de l'exercice, de la marche et des manœuvres à la prussienne qu'on s'efforçait d'introduire dans la pratique militaire des troupes françaises, mais auxquelles les vieux officiers refusaient de se convertir et opposaient, sinon une protestation ouverte, au moins la force d'inertie. Le comte de Gisors ne se rebutait point; mais en même temps qu'il exigeait de chacun l'observation sérieuse de son devoir, il n'était ni chagrin ni morose, et il savait à propos donner à son monde des distractions et même des plaisirs. « Ce soir, écrivait-il à son père le l*' mai, je donne un bal à mesdames noschanoinesses, à l'exemple de M. de Soubise et de M. de Custine qui m'ont laissé cette consigne, et d'ailleurs, comme j'exerce prodigieusement messieurs les officiers, je suis bien aise d'entremêler les plaisirs aux fatigues... Nos jeunes gens que j'avois trouvés mous, endormis, commencent à être alertes, et du matin au

(1) Gisors à Bcllc-lslo, -29 avril [3i30].

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