‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 97 sur 277 · THÉORIE DE DUVERNEY · texte numérisé non relu

THÉORIE DE DUVERNEY

que de me compromettre... » Il ne refusait pas néanmoins de venir au secours de son jeune client; mais tout en lui fournissant un projet de réponse assez embarassé d'ailleurs, il était bien entendu (jue cette complaisance ne l'engageait point, et il montrait expressément que les affaires du ministre n'étaient pas les siennes : « Quant à moi, disait-il, monseigneur, je suis fort tranquille, parce que j'ai de bonnes preuves par écrit, outre ce qui s'est passé dans les assemblées, que j'ai fait tout ce qui étoit en moi pour éviter le cas fâcheux où l'on est aujourd'hui (1). »

Sur aucun point il ne voulait avoir tort. Pour le ministre qui n'était point militaire et pour l'intendant qui ne l'était pas davantage, Pàris-Duverney avait imaginé une théorie spéciale qui devait convaincre l'un et confondre l'autre. Jamais, disait-il, dans aucune des guerres qu'il avait faites, les mouvements des armées n'avaient été assujettis aux subsistances ; mais dans la présente campagne, il fallait que ce fussent les subsistances au contraire qui réglassent les mouvements de l'armée; on n'avait pas voulu s'y résoudre et c'était de là qu'était venu tout le mal (i2). Comme M. de Lucé, homme de robe, s'était rangé du côté du maréchal, Duverney était tout prêt à regarder sa conduite comme une trahison, et pour s'en venger, il se donnait le plaisir d'hu-

(1) Duverney à Paulmy, 19 mai. Corr. Duv.-Paulmy, 1. 1, n" 33.

(2) Duverney à Lucé, 12 juin. Pap. Clermont, 1757, t. I, n^ 69. — Duverney à Paulmy, 19 mai. « Souvenez-vous, je vous en supplie, de ce qui s'est passé dans les différentes assemblées où je n'ai cessé de représenter que les mouvements militaires dévoient être assujettis aux dispositions des subsistances.... » Corr. Duverney-Paulmy, t. I", n" 33.

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