‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 10 sur 422 · COMMANDEMENT DU COMTE DE BELLE-ISLE · texte numérisé non relu

COMMANDEMENT DU COMTE DE BELLE-ISLE

cordon bleu, ëd 1735, il eut, sous les ordres du maréchal de Coiguy, le commandement d'un corps séparé avec lequel il protégea Trêves contre les entreprises du comte de Seckendorf . Il se crut même, le 20 octobre, au moment d'une grande bataille et d'une grande victoire sur l'armée impériale; mais le retard du miu^chal de Coigny réduisit cette espérance aux proportions d'un combat qui porte dans l'histoire le nom d'affaire de Clausen*. Presque aussitôt après, les hostilités cessèrent, car les préliminaires de la paix avaient été signés à Vienne le 3 octobre.

De retour à Metz, le comte de Belle-Isle s'attacha d'autant plus à cette ville que le voisinage du roi Stanislas lui en rendit le séjour de plus en plus agréable. Depuis l'année 1728, il s'était constamment occupé de mettre en sécurité la frontière confiée à sa garde ; les fortifications de Metz, de Thionville, de Sedan, de Sierck, de Bitche s'élevèrent ou reçurent par ses soins

1. Le comte de Gisors, |>a&8«iit, vingt-deui ani plus tard, avuc son régiment auprès de Trêves, écrivait à son père, le 8 avril 1767 : a J'ai ea le bonheur de trouver un grenadier qui a servi dans le régiment Koyal-Pologne et s'est trouvé avec vous à Clausen. 11 m'a conduit au champ de bataille et raconté les dllTérentes circonstances de cet évéo^ ment aussi bien que le pourroil faire un de vos anciens aides do camp, déplorant le retard que M. le maréchal de Coigny apporta à vos projets «t racontant fort plaisamment le désordre qui régnoit dans la grande armée. Avec la connoissance que j'ai prise du terrain, je serai en état de lire les mémoires rjue je vous prierai de me duoner sur celte affaire à mon retour. En cas que vous n'en ayez aucun d^^tail à Paris, j'aurai Tccours à M. de Vault, qui, je crois, a écrit l'histoire de cette campagne, j» La campagne de 17 35 se trouve en effet dans la collection de Mémoires militaires à laquelle M. de Vautt, lieutenant général et direotcor du Dépôt de la Guerre, a attaché son nom , et dont la partie relative à la guerre de la succession d'Espagne a été publiée par les foins do géBéral Pdet.

i2 EMBELLISSEMENTS DE METZ.

des accroissements considérables. Mais, pour la première de ces places, sa capitale en quelque sorte, il avait rêvé autre chose que des bastions ou des établissements militaires; il s'était promis de l'embellir par des rues neuves, de grandes places, des constructions monumentales. Après laguen^erien ne lui plaisait autant que de planter et de bâtir. Quand il n'était pas à Metz, il était dans sa terre de Bisy près de Yernon, dirigeant une armée de terrassiers, de maçons, de jardiniers et de décorateurs ; il y dépensa beaucoup d'argent, mais il s'y créa un château et un parc magnifiques. A Metz, où il fallait ménager les deniers de la ville, les travaux étaient poussés avec moins de fougue qu'à Bisy; au bout de trente ans ils n'étaient pas achevés encore; mais déjà quelles merveilles! En 1737, un visiteur, qui n'était autre que le fils de M. deBelle-Isle, lui adressait à Versailles ce compte rendu plein d'admiration : a Avant de partir de Metz, je n'ai pas manqué, comme vous pouvez croire, d'aller visiter les travaux de M. Lebrun dont je suis enchanté. La cour del'évéché est actuellement de niveau avec la place Fournirue très- bien raccordée, et la rue des Jardins entièrement bâtie à un seul emplacement près... Ce dont je suis fâché que vous ne jouissiez pas, c'est de la magnificence du quai continué depuis le jardin de Boufflers jusqu'au moyen pont, et du bon effet que produit le rabaissement de la rue du Gouvernement. Ma surprise a d'abord été grande de trouver un perron établi pour entrer à la petite porte de votre appartement où on descendoit jadis. L'esplanade nouvellement sablée est plus belle que jamais. Mes entrailles fiUales ont été aussi satisfaites en voyant Sierck recréé par vous ; loin de découvrir des

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