‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 100 sur 422 · L'ANGLETERRE ET LA PRUSSE · texte numérisé non relu

L'ANGLETERRE ET LA PRUSSE

contraindre la France à diviser ses forces, et par conséquent de lui susciter, soit en Prusse, soit en Autriche, un adversaire considérable; quel que fût l'intérêt de la France à restreindre la lutte, il lui était impossible d'empêcher que les subsides anglais no gagnassent Tune ou l'autre des puissances allemandes. Dans la précédente guerre, l' Angleterre ne s'était jointe à l'Autriche que parce que la Prusse s'était jointe à la France. Pour la guerre qui s'ouvrait, c'était l'alliance de la Prusse, limitrophe du Hanovre, que le roi d'Angleterre, Électeur de Hanovre, devait nécessairement s'efforcer d'acquérir à tout prix. Une guerre heureuse avait donné la Silésie au roi de Prusse ; une guerre heureuse pouvait lui donner la Saxe ; mais d'étroits liens de famille venaient de rattacher la maison de Saxe à la maison de France'; la France d'ailleurs ne pouvait offrir qu'un concours d'hommes à la Prusse; l'Angle teiTe lui offrait un concours d'argent, Frédéric avait plus besoin d'argent que d'hommes. Entre Frédéric et le gouvernement de (ieorgc II les négociations commencèrent de bonne heure et furent très-secrètement, mais trèsactivement suivies. Qnelque grandes qu'aient été les fautes du gouvernement de Louis XV, c'est mal à propos qu'on lui a reproché d'avoir sacrifié par une erreur de passion l'alliance prussienne, tandis que c'est F'rédéric II qui, volontairement et de gaieté de cœur, a répudié l'alliance fi*ançaise.

On se défiait sans doute et on avait grandement raison de se défier de lui à Versailles ; deux fois déjà,

1 . La Daaphine de France était fille d'Auguste 111, Ëlectcur de Saxe et roi de Pologne.

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