‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 101 sur 422 · LE DUC DE NIVERNAIS ENVOYE A BERLIN · texte numérisé non relu

LE DUC DE NIVERNAIS ENVOYE A BERLIN

en pleine guerre, Frédéric II avait faussé compagnie à la France. On résolut d'envoyer à Berlin, pour lier le roi de Prusse par un nouveau et formel traité, un ambassadeur extraordinaire, un personnage considérable; ce fut le duc de Nivernais qu'on choisit. Une maladie retarda le départ de l'ambassadeur; l'Angleterre se hâta d'en finir, et le duc de Nivernais était à peine arrivé à Berlin, depuis quatre jours, que l'alliance angloprussienne était déjà conclue à Windsor, le i6 jîmvier 1756. On en eut la première nouvelle, le'2 8 janvier, à Versailles, et cependant la contre-alliance de la France et de l'Autriche ne fut que trois mois plus tard, le 1" mai 1756, un fait accompli.

L^ambassade, ou plutôt le voyage du duc de Nivernais à Berlin, ne peut donc plus offrir ici qu^un intérêt personnel et de famille ; mais le voyageur est si aimable qu'il est bien permis de s'attarder un peu à sa suite. Combien le comte de Gisors eût été ravi d'accompagner son beau-père ! Combien davantage il se fût reproché d'avoir laissé son père dans l'isolement! « C'est une suite du grand malheur que j'ai éprouvé, et qui me le fait doublement sentir, écrivait-il au prince Henri; M. de Keralio, plus heureux que moi, voudra bien, à ce que j'espère, être l'interprète de l'envie que je lui porte '. » Le chevalier de Keralio accompagnait le duc de Nivernais en qualité de secrétaire.

De Leipsick, le duc écrivait, le 8 janvier 1756, à son gendre : ^ Mon cher enfant, je me trouve un petit moment pour vous embrasser et j'en profite avec ardeur. Je vous fais de bon cœur mon compliment sur le

Page 1