‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 115 sur 422 · COMMANDEMENT DU MARÉCHAL D'ESTRÉES · texte numérisé non relu

COMMANDEMENT DU MARÉCHAL D'ESTRÉES

Parti de Vienne, le 2 mars, le comte d'Estrées rencontra, le 5, à Munich, un courrier qui lui apportait une liste de huit maréchaux de France nommés par le roi, le 24 février, et parmi lesquels il eut la joie de se voir compris. Ce n'était qu'une première récompense. « J'ai tâché de tout prévoir avec la même affection que si je devois moi-même commander l'armée, » lui avait écrit, le 2 février, le maréchal de Belle-Isle. En effet, obligé par l'âge et les infirmités de renoncer au commandement, le maréchal avait employé toute son influence au profit du comte d'Estrées. Le 1" mars, le comte était choisi par le roi pour commander en chef l'armée du bas Rhin ; mais sa nomination, quoique signée, restait encore ignorée du public. Deux compétiteurs surtout lui avaient disputé le commandement. L'un, le maréchal de Richelieu, le conquérant de Minorque, s'était le premier retiré ; mal avec le maréchal de Belle-Isle, en froid avec madame de Pompadour, la chute du comte d'Argenson avait entraîné ses meilleures chances ; il se réservait. L'autre était resté sur la brèche, et même après le triomphe du comte d'Estrées, il ne désespérait pas de passer devant lui. Celui-ci était un prince du sang, Louis de Bourbon, comte de Clermont. Parmi les originaux du dix-huitième siècle, cet arrière-petit-fils du grand Condé, chevalier ès-arts et clerc aux armes, comme disait Henri IV de Jacques I** d'Angleterre, mérite une place à part.

Frère puîné du duc de Bourbon qui fut premier mi-

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