‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 117 sur 422 · ET MADAME DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

ET MADAME DE POMPADOUR

Non coûtent de s'adresser au roi, il s'était tourné ^rs madame de Pompadour avec qui la facilité de son caractère et de sa vie Tavait promptemeut mis en bons termes. De quelques paroles aimables il s'était fait des promesses positives, et quand il vit que le comte d'Ëstrées lui était préféré , il se prit de ressentiment à la fois contre son rival et contre la marquise* n se crut trahi par elle , et avec sa franchise ordinaire il n'hésita pas à le lui dire. « M. de Belle-Isle, madame, lui écrivait-il le 3 mars , me prit hier en particulier au Palais ^ et me dit : « Ëh bien ! où en sont vos aiEaires a par rapport au commandement de l'armée ? U me « semble que vous avez parlé au roi ces jours-ci. Je a dois vous dire qu'il paroit que c'est le comte d'Estrées a que l'on désigne pour le commandement, et madame « de Pompadour m'a dit que vous n'en seriez pas « fâché. » Je vous avoue, madame, que je l'ai regardé entre ks deux yeux et que j'ai cru qu'il devenoit insensé; car il n'étoit pas possible que vous eussiez pu penser qu'une préférence si humiliante pour moi de

toute façon pût ne pas me mettre au désespoir Le

comte d'Ëlstrées est détesté des troupes et j'en suis aimé et estimé... Us disent hautement que je les mènerois aux enfers et qu'ils iroient avec plaisir, et qu'avec le comte d'Ëstrées ils feront leur devoir, car un François ne sauroit s'en dispenser, mais qu'ils le feront avec la mort dans l'âme... Le militaire et le public ne pardonnent point à M. de Belle-Isle ce général. L'on dit hautement et je lui ai dit hier que c'est lui qui en a paiié au roi

1 . Au Palais de Justice, à Paris, où les princes et les pairs siëgeaieot avee le Parlement pour le procès de ]>«oiieiui.

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