‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 118 sur 422 · LE COMTE DE CLERMONT · texte numérisé non relu

LE COMTE DE CLERMONT

comme d'un homme admirable et qu'il en a répondu, que ce qui Ta porté à cela , c'est qu'il a pensé que le comte d'Estrées se laisseroit conduire j)ar lui. Tout le monde sait et dit qu'il se trompe, qu'il ne conduira jamais, ni lui ni personne, le comte d'Estrées, et que M. de Belle-Isle éprouvera des tourments de la part de son protégé qu'il méritera bien. Je m'aperçois même depuis quelques jours que l'on s'efiorce de répandre que M. de Belle-Isle ne le protège pas seul, et cela me

fait une véritable peine Je n'hésite point, madame,

à vous faire toutes ces observations parce que vous devez me connottre et que certainement vous ne pensez pas que ce soit la jalousie qui me les dicte ; je vous jure même que si j'étois jaloux du comte d'Estrées, je croirois me dégrader et je me mépriserois. N'attribuez donc les vérités que je vous fais connoltre qu'au zèle que j'ai pour le roi, pour la patrie, et au désir que j'ai d'être utile à l'un et à l'autre à la tête des armées * . » A cette vive attaque, madame de Pomgadour répondit qu'en effet elle avait cru le comte de Clermont préparé à la nomination du maréchal d'Estrées, où, d'ailleurs, elle se défendait d'avoir eu part, ic Le maréchal d'Estrées, disait-elle, est ma connoissance de société, je n'ai jamais été à portée d'en faire mon ami intime ; mais quand il le seroit autant que M. de Soubise, je ne prendrois pas sur moi de le faire nommer, dans la crainte d'avoir à me reprocher les événements^. » Le comte de Clermont ne se rendit point. « Je me ressouviens, madame, répliquait-il le 4 mars, de ce

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