MARCHE DES COLONNES
laisser proyisoirement à Tun de ses lieutenants généraux le commandement des premières troupes qui allaient se mettre en marche. C'était au prince de Soubise que famitié de madame de Pompadour et celle du maréchal de Belle-Isle avaient ménagé cette distinction. Il partit donc vers la fin du mois de mars, accompagné du comte de Maillebois, de Tintendant, de M. de Yallière, directeur général du corps royal de rartillerie et du génie, et du chevalier de Fonteney, qui commandait l'artillerie en second. Déjà les troupes étaient en mouvement; le 14 mars, trois colonnes étaient parties de Lille, de Yalenciennes et de Maubeuge, dirigées sur "Wesel à travers les Pays-Bas autrichiens ; quinze jours plus tard, trois autres colonnes partaient de Sedan, de Longwy et de Thionville ; une septième colonne enfin se formait à Landau. C'était avec celle de Thionville que marchait la plus grande partie de Tartillerie de campagne. C'était aussi sous la protection de cette même colonne que les équipages de pont, la grosse artillerie et le matériel de siège, embarqués à Metz, devaient descendre par la Moselle dans le Rhin.
Le régiment de Champagne tenait garnison à Metz. Le comte de (iisors y était arrivé le 31 mars ; le lendemain il avait mené ses quatre bataillons à Thionville, et, dès cette première marche, les graves devoirs d'un chef de corps s'étaient révélés à lui dans des détails à peine remarqués en garnison, mais qui prennent de l'importance en campagne. 11 était bien jeune colonel d'un régiment où il y avait beaucoup de jeunesse. « La gaieté et la bonne volonté du soldat sont trèsgrandes, écrivait-il à son père, mais ce sont des jeunes gens qu'il faut bien ménager pour que leurs forces se
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