‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 129 sur 422 · ÉVACUATION DE WESEL · texte numérisé non relu

ÉVACUATION DE WESEL

soutiennent jusqu'à la fin de la campagne. Je puis vous protester que nul officier n*a quitté d'un instant son poste, mais il faut être comme un maître d'école avec la quantité de jeunes gens auxquels j'ai donné de l'emploi cet hiver. » Au moment de quitter Thionville pour marcher à Sierck, il reçut de son père, par une lettre du 30 mars, la surprenante nouvelle que les Prussiens avaient évacué Wesel. Désolante pour le colonel de Champagne et pour ses grenadiers qui voyaient avec peine s'éloigner d'autant l'époque des coups de fusil, cette péripétie si étrangement placée au prologue de la pièce rencontra au moins un approbateur : c'était le commandant de l'équipage de siège qui, n'ayant trouvé à Metz que des bateaux insuffisants ou retenus pour d'autres services, était obligé d'en faire venir de Strasbourg ; mais comme de Strasbourg à Metz il n'y avait de commimication pour des bateaux que par l'immense détour de Coblentz, il était de toute évidence que la grosse artillerie n'aurait pu, suivant les ordres donnés, être rendue à Dusseldorf pour le 25 avril*. Cependant à Paris on se flattait d'avoir tout prévu, tout réglé ; jamais guerre, disait-on, n'avait été préparée avec tant de soin ni de méthode. Une si grosse erreur pour le début n'était pas de bon augure ; il y avait de quoi donner de l'inquiétude au maréchal de Belle-Isle, au ministre de la guerre et à ses aides.

Des deux sièges projetés, il n'y en avait plus qu'un à faire, car les Prussiens avaientlaissé huit cents hommes dans Gueldre ; mais les dépenses et les fatigues que l'importance de Wesel eût justifiées furent jugées inu-

K Giion à Bdle-lile, l** et 3 ayrU 1757 [3480, n** 6 et t3].

Page 1