CHAMPAGNE ET NAVARRE
escorté de cinquante officiers de Champagne, était-il venu à la rencontre de Navarre , et les officiers de Navarre avaient-ils accepté le déjeuner que leur venait offrir le colonel de Champagne, a Tous les cent cinquante sont venus chez moi, écrivait -il à son père; moitié assis, moitié debout, les uns ayant des assiettes, les autres non, nous avons mangé des poulets au riz, des jambons, des gigots, des pâtés, et bu, tant à votre santé qu'à celle de la fraternité, quatre-vingts bouteilles de vin. Cela s'est passé gaiement et militairement... Puis nous avons reconduit tous ensemble MM; de Navarre à leur camp, notre musique à notre tête , les soldats dans les rues pour lem* faire honneur en passant devant le front de bandière. Les leurs nous ont rendu la même politesse et m'ont mangé de caresses, moi personnellement, les vieux, qui étoient à Prague, par adoration pour vous, les jeunes, en souvenance du vin que nous bûmes ensemble à la naissance de monseigueur le duc de Bourgogne. Tout cela rempli, j'allai voir M. d'Armentières. Quelle ne fut pas ma surprise, revenant chez moi à huit heures du soir, d'entendre nos clarinettes et de voir de loin un bataillon blanc qui marchoit! C'étoit les quatre cents grenadiers de Champagne et Navarre qui sur-le-champ m'entourèrent, jetant leurs chapeaux en l'air et criant : Vive Champagne ! Vive Navarre ! Vive Gisors ! L'un portoit pour drapeau un écureuil au bout de son sabre et me dit que, ne m'ayant pas, ils vouloient du moins avoir toujours mes armes devant eux^ Un autre me présenta un
1 . La pièce principale des armes des Pouquet était an écarenil a? ec la (arneose devise : Qub non oêQ/endam ?