LES TROUPES ET LEUR SUITE
ordres de son père. Cependant il le suppliait de révoquer sa défense et de lui permettre d'acheter une voiture, non pour son propre usage, mais dans l'intérêt des officiers de son régiment qu'un accès de goutte ou de fièvre pouvait mettre hors d'état de monter à cheval*. c< Je comprends, lui répondait le maréchal de Belle-Isle, l'utilité dont peut être une berline dans certiiines occasions. J'ai été élevé dans des usages absolument différents, mais dès que c'est l'usage actuel, je ne m'oppose à rien , bien entendu que M. le maréchal [d'Estrées] le trouvera bon , car il faut de préférence à tout obéir scrupuleusement à l'ordre du général '. » L'ordre du général était que les charrettes des pays que traversait l'armée devaient être exclusivement requises par l'intendant pour le service des fourrages et des vivres; cependant beaucoup de gens, surtout parmi les officiers inférieurs, s'en emparaient et les retenaient pour mener leurs bagages. Il n'était pas jusqu'aux soldats à qui il avait fallu fournir des chevaux pour le transport des marmites et des tentes*. Enfin, comme si ce n'eût pas été assez de toute cette caravane aux trois quarts inutile poiu" ruiner les escadrons de guerre en leur disputant le fourrage, il y avait encore les attelages d'une foule parasite accrochée aux flancs de l'armée, de marchands, de cafetiers, de vivandiers, de bateleurs et de filles. C'était dans ces faubourgs ambulants que les officiers et les soldats allaient vider leurs bourses et perdi*e dans la débauche le sentiment